Autoconstruction

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Catégorie:Se loger


L'autoconstruction est le nom donné à l'action, pour un particulier, de réaliser sa propre maison sans, ou pratiquement sans, l'aide de professionnel du bâtiment.

L'autoconstruction inclut en particulier la réalisation du gros œuvre (maçonnerie et charpente-couverture), mais exclut assez souvent les travaux de terrassement. L'autoconstruction concerne également des réalisations plus modestes qu'un pavillon. Tout projet nécessitant plusieurs corps de métiers (et au moins une déclaration de travaux) peut être conduit avec la démarche décrite ici.

Préliminaires[modifier]

L'autoconstruction ressemble à la traversée de l'Atlantique en solitaire, on ne s'y lance qu'après mûre réflexion et longue préparation.

Pourquoi construire soi-même sa maison?[modifier]

Construire sa maison n'est pas seulement une opération économique, écologique, un plaisir, une certitude de savoir « comment c'est fait », ou encore une façon de tout maîtriser, c'est aussi par l'ampleur du travail, du temps et de l'énergie requis, une sorte de défi que l'on se lance à soi-même.

Compétences nécessaires[modifier]

Il faut de la persévérance, car mener à bien un projet peut prendre entre un et dix ans (certains disent « toute une vie »).

Celui qui pratique l'autoconstruction peut négliger ses proches sans même s'en rendre compte. La bonne gestion du stress et de son temps sont des facteurs importants pour la réussite d'un projet. Pour les familles qui se lancent de l'écoconstruction, ces facteurs sont d'autant plus importants qu'il semble qu'un grand nombre de couples se séparent à l'issue du projet. De même, faites attention à ne pas perdre de vue vos amis.

Le gros œuvre réclame une bonne forme physique, un savoir-faire particulier et un outillage spécifique. Certaines grosses opérations (manutentions de pièces lourdes, coulage de dalles, couverture...) ne peuvent généralement se faire sans aide. Les connaissances minimums s'apprennent dans les livres, forums de discussions, réseaux d'autoconstructeurs ou ici, mais surtout sur d'autres chantiers.

Documentation et autoformation[modifier]

Les livres, magazines et fiches techniques établies par les magasins de bricolages sont nombreux. Il n'est pas nécessaire de savoir calculer un linteau en béton armé mais cela peut être utile d'en avoir compris le principe. La lecture des fascicules et plaquettes édités par les organismes plus ou moins officiels (Centre scientifique et technique du bâtiment, EDF...), ou par les fabricants, est généralement accessible à tous et apporte l'essentiel. Il suffit de passer quelques jours dans des salons du bâtiment (tels Batimat, le salon du bâtiment à Paris), pour rapporter quelques tonnes de documentation dans tous les domaines.

Visitez des chantiers dans votre région, et prenez des photos des détails techniques visibles pour la maçonnerie et la charpente (y compris les coffrages, étais, échafaudages, etc.).

Quelques années avant de donner le premier coup de pioche il est bon d'avoir donné un coup de main dans chaque corps de métiers à des amis ou voisins en plein chantier. Et il n'est pas exclu qu'ils rendent la pareille en apportant une aide, en prêtant un outil ou en donnant un surplus de matériaux.

Le cadre légal[modifier]

Avant d'aborder sérieusement le projet, il ne sera pas inutile de consulter son assureur, son notaire, la mairie du lieu, les services gouvernementaux ou municipaux concernés (Direction départementale de l'équipement et la DDASS pour la France). On évoquera dans le corps de l'article les points particuliers relatifs à la réglementation.

France[modifier]

La garantie décennale imposée à tout constructeur professionnel s'applique au constructeur amateur qui revend son bien. En France, s'applique l'article 1792 du Code civil, a savoir:

"Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination.
Une telle responsabilité n'a point lieu si le constructeur prouve que les dommages proviennent d'une cause étrangère"

La cour de Toulouse (juin 2002) semble avoir déjà utilisé cette loi contre un autoconstructeur.

Les autorisations administratives.

La consultation du POS (plan d'occupation des sols) ou PLU (plan local d'Urbanisme) permet de connaitre les conditions d'utilisation du sol et ses limitations éventuelles. La future construction devra faire l'objet d'une autorisation administrative de type permis de construire ou déclaration de travaux. La loi du 03/01/1977 précise les conditions du recours à l'architecte. Ces autorisations doivent impérativement être obtenues avant le début des travaux. Un refus de permis de construire ou la demande d'une modification importante du projet peut conduire à démolir les travaux déjà engagés.

Québec[modifier]

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Avant-projet[modifier]

Un proverbe chinois (ou hébreux, ou arabe...) dit : Si tu veux construire une maison, assieds-toi! . Il convient donc de s'asseoir, pour réfléchir et calculer. On pourrait ajouter "assieds-toi sur le terrain prévu pour la construction, imprègne-toi de l'énergie présente et prends en compte ses spécificités, climat, etc. "

Évaluation des besoins[modifier]

Construire pour soi implique de faire l'inventaire de ses propres besoins actuels et futurs, d'imaginer l'évolution de la famille, de son propre mode de vie... Il faut dissocier la part du rêve (indispensable) de ce qui est réalisable, au moins dans l'immédiat. Il est fort possible qu'un couple vivant dans un appartement en ville ne fonctionne plus de la même façon quand il sera dans son pavillon rural avec ses trois enfants. On s'efforcera de lister tous les souhaits des personnes concernées puis de faire une sélection après les avoir triés. Un des avantages de l'autoconstruction est que, vu le temps nécessaire pour réaliser chaque étape, on peut rectifier le tir si de meilleures idées apparaissent en cours de réalisation.

Estimation des ressources nécessaires[modifier]

Il s'agit non seulement de la trésorerie indispensable pour acheter les matériaux et l'outillage, payer les taxes (TLE...), frais d'installation d'éolienne, de raccordements (Hydro-Québec, EDF...) mais aussi le nombre d'heures, l'aide que l'on peut espérer des amis, les outils que l'on peut éventuellement emprunter. Le temps nécessaire à la réalisation d'un travail est assez difficile à estimer, surtout si c'est une première, mais si vous êtes déjà bon bricoleur, vous pouvez compter environ 50 heures par m² habitable. Finalement, gardez en tête que l'on est généralement trop confiant et optimiste.

Recherche d'un terrain[modifier]

Sujet très vaste. Voici quelques axes de réflexion qui aideront dans la démarche.

  • Situation géographique, de nombreux paramètres sont à prendre en compte : attachement sentimental et proximité de la famille, des amis, des commerces, des lieux d'activité, de culte et de loisirs, du cadre de vie, de l'évolution future du prix du terrain (aspect placement à long terme), des aménagements prévus ou prévisibles (autoroute, zone industrielle...), des constructions voisines à venir, de la couverture du réseau de téléphonie cellulaire ou de télévision hertzienne...
  • La distance au lieu de travail se mesure aussi en minutes, mais le coût kilométrique doit tenir compte de tous les déplacements au tarif standard des services fiscaux. Tester le trajet futur dans différentes situations (heure de pointe, nuit, transport en commun...). Les distances vis-à-vis des services (administratifs, médicaux...), des écoles, des commerces... sont à prendre en compte.
  • Situation climatique : orientation, ensoleillement, force et direction du vent dominant, précipitations moyennes (voir agence météo locale), bruit en semaine, le dimanche et la nuit, risques naturels (sismique, inondation...) et industriels (nucléaire, pollution...), enneigement et état des routes... On aura intérêt à interroger largement la population de l'endroit, les futurs voisins, les anciens, les services municipaux, son notaire, les Directions départementales de l'équipement...
  • Coût maximum dans le budget total. Il est plus facile d'agrandir une maison qu'un terrain, on a parfois intérêt à prendre un terrain un peu plus grand et à réduire l'importance de la construction, dans ses dimensions ou dans son aménagement.
  • Prix d'achat : s'agit-il d'un terrain vraiment viabilisé? En France, s'il n'a pas de CU (Certificat d'urbanisme), on peut se rendre à la Direction départementale de l'équipement pour obtenir des renseignements. Comparer non seulement le prix au m² mais aussi le prix total après viabilisation complète. Un terrain est un tout, pas une juxtaposition de mètres carrés.
  • Prix de revient réel : pour chaque terrain sélectionné, faire l'inventaire de tous les frais qui viendront s'ajouter au prix d'achat (raccordements et voies d'accès, taxes locales, terrassement, clôtures, assainissement...)
  • Coût de la vie dans le secteur concerné : impôts fonciers et immobiliers, prix de l'eau...
  • Si le terrain est situé dans un lotissement, éplucher le règlement du lotissement. On y rencontre souvent des contraintes inattendues et dissuasives. Demander conseil à son notaire.

Le choix est ensuite une affaire de compromis et de sentiment.

La prospection est parfois laborieuse. Aux abords des villes, les terrains sont petits et rares. En dehors du tour des agences immobilières et de l'analyse des petites annonces, on peut essayer d'interroger chacune des mairies situées dans la zone intéressante pour dépister les projets de lotissements communaux, consulter les plans d'occupation des sols (POS) pour y repérer les terrains constructibles non viabilisés...

Planification des travaux[modifier]

Dans le chapitre Estimation des ressources, on a calculé la capacité globale en heures de travail disponible par mois. Par corps de métier, le temps nécessaire à la réalisation doit être calculé en heures de travail pour déterminer une durée en semaines de chaque grande opération. Pour cela il est indispensable de tenir compte de la saison, des périodes de vacances, de la disponibilité des matériels et outillage à emprunter...

Qui veut voyager loin ménage sa monture : un projet qui s'étend sur plusieurs années doit aussi inclure des temps de repos.

À l'aide de tous ces éléments, on pourra établir une planification sommaire, qui permettra de déterminer les échéances-clés du projet. Il existe des outils informatiques simples de planification, qui faciliteront grandement ce travail (un simple tableur est parfait dans bien des cas). Pendant la réalisation, l'avancement des travaux pourra être suivi plus précisément.

À titre indicatif, une planification de construction s'étend sur environ 2 ans.

En parallèle avec le calcul des heures, sera effectué le calcul des besoins en trésorerie. Les grandes dépenses seront positionnées dans le temps et les ressources financières nécessaires seront évaluées (quel montant et à quelle date).

Prévoir les évolutions futures[modifier]

À défaut de boule de cristal, un peu d'imagination suffit pour prévoir les besoins futurs de la famille à qui est destinée la maison. Il vaut mieux prévoir l'installation de capteurs solaires et n'en mettre jamais que de regretter de n'avoir pas un pan de toit plein sud. Des combles aménageables ne sont pas plus coûteux que des combles qui ne le sont pas. Et s'ils sont aménageables l'intégration d'un escalier doit être prévu dès le début du projet.

Quelques idées :

  • Accès séparé pour l'étage en cas de location d'une partie de la maison.
  • Plutôt qu'un vide sanitaire, pourquoi pas un sous-sol tout de suite ?
  • Une alarme périphérique, des commandes électriques de volets roulants, un câble d'antenne ou de réseau informatique, nécessitent des gaines qu'il ne coûte pas cher de poser lors de la construction.
  • Être généreux dans le nombre de prises de courant, et dans celui de points d'alimentation en eau et d'évacuation.
  • Envisager la pose de « Velux » avant la mise en place des pannes intermédiaires. Mais les éviter côté sud.
  • Le percement d'une ouverture de fenêtre est facilitée si un linteau a été coulé ou placé dès la phase de maçonnerie.

Les autres étapes de la construction[modifier]

Témoignages[modifier]

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Voir aussi[modifier]

Liens internes[modifier]

Liens externes[modifier]

Chantier ouvert en 2011 aux personnes désireuses de s'approprier des techniques d'isolation et d'enduits naturels (enduits de terre, enduits de chaux...)

Bibliographie[modifier]

  • L'auto-écoconstruction, Pierre-Gilles Bellin, Eyrolles 2009 [un guide complet, vivant et très illustré, riche d'expériences multiples et de conseils pratiques]
  • Homeworks ! maisons à construire, Lloyd Kahn, Parenthèses 2006 (panorama illustré de l'autoconstruction dans le monde, des années 60' à aujourd'hui)
  • "21 Rénovations écologiques en France", Sylvain Moréteau, éd. Terre vivante, 2010.


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