Agriculture durable

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L'agriculture durable (également appelé agriculture soutenable, de l'anglais sustainable) est l'application à l'agriculture des principes du développement soutenable. L'agriculture durable intègre donc trois objectifs principaux: la gérance de l'environnement, la rentabilité des fermes (économie), et les communautés agricoles prospères (social).

Il s'agit au final d'un système de production agricole qui vise à assurer une production pérenne de nourriture, de bois et de fibres en respectant les limites écologiques, économiques et sociales qui assurent la maintenance dans le temps de cette production.

L'agriculture durable ne doit cependant pas être confondue avec l'agriculture raisonnée qui s'appuie sur un référentiel national (validé par l'État Français et contrôlé par des organismes certificateurs indépendants) et qui intègre beaucoup de réglementation, un peu d'environnement et d'économie (utiliser la dose maximum utile d'intrants, là et quand elle est utile), là où l'agriculture durable cherchera la restauration de l'agroécosystème, considérant l'écologie comme une facette logique permettant une économie directe d'intrants.

Objectifs poursuivis[modifier]

L'agriculture durable vise une amélioration dans la soutenabilité. Ces principes sont basés sur la reconnaissance du fait que les ressources naturelles ne sont pas infinies et qu'elles doivent être utilisées de façon judicieuse pour garantir la rentabilité économique, le bien-être social, et le respect de l'équilibre écologique (les trois piliers du développement durable).

Concrètement et dans l'idéal :

  • L'agriculture durable vise l'utilisation des ressources naturelles locales (utilisation des biens et services fournis par la nature comme intrants fonctionnels). Pour cela, elle utilise les processus naturels et régénérateurs, comme les cycles nutritifs, la fixation biologique de l'azote, la reconstitution des sols (utilisation du BRF) et les ennemis naturels des ravageurs;
  • Elle vise également à réduire la production de déchets non réutilisés en créant des interdépendances avec d'autres activités économiques, dans un objectif de plus grande efficacité globale, et favorise l'utilisation des sous-produits de l'activité agricole ou de toute autre activité (par exemple, utilisation de déchets humains (sécurisés/compostés ou méthanisés, voir toilette sèche)).
  • Elle utilise des pratiques limitant l'érosion et la dégradation des sols, réduit l'usage d'intrants pour protéger les ressources en eau).
  • Elle ne porte pas atteinte à l'intégrité des personnes et des êtres vivants. L'agriculture durable limite l'usage de pesticides qui peuvent nuire à la santé des agriculteurs et des consommateurs, elle vise à protéger la biodiversité.

L'application et ses définitions[modifier]

Il n'existe pas une définition de l'application de l'agriculture durable. Les États, l'Union européenne, les semenciers et les groupes environnementaux ont leur propre vision ayant parfois tendance à légèrement s'opposer.

Les 7 principes de l'agriculture durable par Greenpeace[modifier]

Pour Greenpeace, l'Agriculture durable signifie[1] :

  1. Garantir une nourriture accessible et adéquate pour tous, aujourd'hui et demain. Plus de 840 millions d'hommes et de femmes à travers le monde souffrent de faim et de malnutrition causées par une distribution inéquitable de vivres. On conçoit trop souvent la nourriture comme étant un simple produit alors qu'il s'agit d'un droit humain. La souveraineté et la sécurité alimentaires nous concernent tous.
  2. Protéger et restaurer les écosystèmes agricoles et la biodiversité. La standardisation de la production alimentaire et les pratiques agricoles industrialisées et intensives menacent les écosystèmes agricoles. Les conséquences sont importantes : perte de la biodiversité, dégradation des sols, salinisation, etc. Seules 15 espèces végétales et 8 espèces animales représentent 90 % de notre production alimentaire totale. Ce grave manque de biodiversité dégrade la santé des écosystèmes et mine la production alimentaire.
  3. Réduire la consommation d'énergie et d'eau, réduire les déchets ainsi que les risques pour la santé humaine et l'environnement. Les systèmes d'agriculture industrialisés dépendent de facteurs externes : énergie, produits agrochimiques et eau. L'utilisation combinée de fertilisants chimiques, d'agrotoxines ainsi que d'énergie fossile, de systèmes de transport et d'emballages excessifs participe largement aux changements climatiques. Le développement de la monoculture a favorisé l'utilisation massive de pesticides et herbicides. L'utilisation d'OGM augmente davantage les dépendances chimiques.
  4. L'émancipation des petits agriculteurs, des fermes familiales et des communautés rurales. Dans le monde entier, l'industrialisation agricole a mené et mène toujours à l'exclusion des petits agriculteurs et des travailleurs agricoles des communautés rurales. Ce qui revient à les priver de leurs moyens de subsistance et de leurs terres. La privatisation de l'eau, des terres et des ressources génétiques accroît cette tendance. La clé d'une production alimentaire durable est d'aider les petites exploitations et de reconnaître leur rôle en tant que gardiens de la biodiversité et de la souveraineté alimentaire locale.
  5. Réorienter la recherche scientifique vers la durabilité et l'équité. L'influence grandissante de l'industrie sur la recherche et les technologies agricoles menace la biodiversité et les solutions agroécologiques. La recherche massive dans le domaine de la mécanisation, des produits chimiques et des technologies à haut risque (génétique et nanotechnologie) augmente les risques pour notre environnement. La vraie solution consiste à remettre l'agriculture en harmonie avec la nature plutôt que de lui imposer un modèle industriel.
  6. Promouvoir le commerce agricole qui tient compte du développement durable et de l'équité. La libéralisation des marchés et autres politiques mises en place notamment par l'Organisation mondiale du commerce (OMC) menacent sérieusement la sécurité et la souveraineté alimentaire. Elles donnent plus de poids au contrôle de l'industrie dans la chaîne alimentaire, nuisent à l'agriculture à petite échelle et affaiblissent les mesures protectrices qui défendent et aident les plus marginalisés et appauvris de la société.
  7. Promouvoir la consommation durable d'une nourriture saine, naturelle et locale. Tandis que des millions de personnes meurent à cause de malnutrition et de manque de nourriture, la surconsommation et l'obésité sont des problèmes de santé croissants dans de nombreux pays. La production et la consommation excessive de viande ainsi que d'autres produits alimentaires à haute valeur énergétique démontrent que les ressources agricoles sont utilisées inefficacement et que la production est orientée vers les cultures. La plupart des gens ne savent pas d'où proviennent leurs denrées et sont complètement inconscients des impacts et des conséquences de leurs choix alimentaires. L'industrialisation de l'agriculture a donc réduit la diversité des produits alimentaires offerts au public. La tendance vers des aliments de plus en plus transformés répond plus aux normes de l'industrie agroalimentaire et du marketing qu'aux besoins nutritionnels. De plus, les aliments transformés à haute teneur technologique et les aliments dits fonctionnels produits par les OGM ne font que prétendre remettre les éléments nutritifs (un à la fois !) qui ont été perdus à cause de l'industrialisation de l'agroalimentaire.

Réseau d'Agriculture Durable (SAN)[modifier]

Pour le Réseau d'Agriculture Durable (SAN) et la Rainforest Alliance[2], l'agriculture durable signifie :

  • Moins de pollution au niveau de l'eau grâce au contrôle de toutes les sources de contamination (pesticides et fertilisants, sédiments, eaux usées, carburants, etc.).
  • Moins d'érosion du sol grâce à la mise en place de pratiques de conservation des sols comme les plantations en contour et le maintient de couvre-sol.
  • Réduction des risques pour l'environnement et la santé humaine grâce à l'interdiction des pesticides les plus dangereux, à la stricte régulation de tous les produits agrochimiques, à l'obligation pour les agriculteurs d'utiliser des antiparasitaires mécaniques ou biologiques chaque fois que cela est possible ainsi que de réduire la toxicité et la quantité des produits chimiques utilisés.
  • Protection de l'habitat naturel de la faune et de la flore grâce à l'arrêt de la déforestation ; les berges des rivières sont protégées par des zones tampons ainsi que les écosystèmes fragiles comme les terrains marécageux et les parcelles de forêts situées au sein des exploitations agricoles.
  • Moins de déchets grâce à l'utilisation des sous-produits de l'exploitation agricole comme le faux-tronc du bananier, la pulpe du café, les pelures d'orange et le feuillage non destiné à la vente qui sera transformé en compost et utilisé par l'exploitation comme fertilisant naturel. Les autres déchets comme le plastique, le verre ou le métal sont recyclés quand cela est possible.
  • Moins de consommation d'eau grâce à l'application de mesures de conservation dans les stations de lavage et d'emballage, ainsi que dans les zones d'habitation et pour l'irrigation.
  • Une gestion plus efficace de l'exploitation agricole grâce au soutien du programme de certification qui aide les agriculteurs à organiser, planifier, prévoir les améliorations, mettre en place de meilleurs pratiques, identifier les problèmes et contrôler les progrès effectués.
  • De meilleures conditions pour les ouvriers agricoles qui perçoivent des salaires justes et qui ont accès à des logements décents, à l'eau potable, à des installations sanitaires et à un lieu de travail respectant des critères d'hygiène et de sécurité. Les ouvriers et leurs familles ont également accès à l'éducation, aux soins médicaux, aux moyens de transport et à la formation.
  • Une meilleure rentabilité et compétitivité pour les exploitants agricoles qui ont augmenté leur production, amélioré la qualité, réduit les plaintes de leurs ouvriers et augmenté leur efficacité. Le label « Rainforest Alliance Vérifié » permet aux agriculteurs d'avoir plus de poids au moment des négociations commerciales, et aussi de différencier leurs produits, d'obtenir des prix plus élevés ainsi qu'un meilleur accès aux crédits.
  • Plus de collaboration entre les agriculteurs et les écologistes. Les parcs ne peuvent à eux seuls protéger la biodiversité de la planète ; nous devons nous assurer que la faune et la flore sauvages trouvent refuge en dehors des zones protégées. Étant donné que les agriculteurs contrôlent le destin de si grands territoires et de tant d'habitats naturels fragiles, leurs idées et leurs participations sont essentielles à toute stratégie de conservation au niveau local ou régional.

Voir aussi[modifier]

Références, sources[modifier]

  1. Les 7 principes de l'agriculture durable par Greenpeace Canada
  2. Agriculture Durable par la Rainforest Alliance

Liens internes[modifier]

Liens externes[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Entreprises et environnement. Rapport à la Commission des comptes et de l'économie de l'environnement. Ministère de l'écologie et du développement durable. La documentation française. 2004.


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