Soutenabilité

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Le terme soutenabilité (ou durabilité; de l'anglais "sustainability") est utilisé depuis les années 1990 pour désigner la configuration de la société humaine qui lui permette d'assurer sa pérennité.

Cette organisation humaine repose sur le maintien d'un environnement et d'une économique vivable et sur une organisation sociale équitable.

La période de transition vers la soutenabilité se fait par le Développement soutenable.


Terminologie[modifier]

Les termes de soutenabilité et de développement soutenable ont été popularisés dans les années 1990. En 1987, le Rapport Brundtland définissait le développement soutenable (aussi appelé développement durable) comme l'objectif de développement compatible avec les besoins des générations futures. Il doit inclure trois piliers : économique, environnemental, et d'équité sociale.


Origine du problème[modifier]

Équilibre environnemental[modifier]

Les questions environnementales et d'accès aux ressources naturelles constituent depuis les années 1970, avec les chocs pétroliers et la pollution, une préoccupation croissante des sociétés occidentales.

On observe en effet que, selon les études d'experts en écologie, l'empreinte écologique de l'humanité dépasse depuis le milieu des années 1970 la capacité de la Terre à régénérer de nouvelles ressources naturelles, et à absorber les déchets de toutes sortes de l'activité économique[1]. Le phénomène de changement climatique n'est que l'un des aspects de ce problème.

C'est donc surtout le problème environnemental qui apparaît aujourd'hui au grand jour dans les sociétés occidentales contemporaines.


Équité sociale[modifier]

Dans les pays développés, on s'est rendu compte dans la deuxième moitié du XIXe siècle, lors de la révolution industrielle, de la nécessité de veiller au respect des intérêts des employés dans les entreprises, avec les syndicats de salariés, le droit de grève... D'où des expressions communément employées comme « économique et social », « capital / travail », qui ont fortement marqué les esprits et les institutions.

Les inégalités sur les aspects sociaux existent cependant :

  • un déséquilibre entre les pays développés et les pays en développement, en particulier les pays les moins avancés, avec des inégalités très fortes d'accès à la connaissance (éducation), à l'alimentation et à la santé (nourriture, médicaments) ; d'où l'apparition de mouvements altermondialistes, de revendication de la souveraineté alimentaire, d'ONG sur les droits de l'homme...
  • à l'intérieur des pays développés, il existe aussi des inégalités très fortes.


Recherche de nouveaux modèles économiques soutenables[modifier]

Soutenabilité faible / forte[modifier]

Devant la difficulté d'intégrer la contrainte environnementale dans le fonctionnement global de l'économie, on a vu apparaître deux paradigmes écologiques :

  • La soutenabilité faible
Dans cette hypothèse, compatible avec les économistes néoclassiques, et défendue par Hartwick (1977), il y a substitution entre capital artificiel (richesse créée) et capital naturel (ressource naturelle).
  • La soutenabilité forte
Dans cette hypothèse, défendue par Daly (1990), le stock de capital naturel ne doit pas baisser. Daly soutient que capital naturel et capital artificiel sont complémentaires et non substituables.


Notion de "capital naturel"[modifier]

Afin d'avoir une visibilité globale du point de vue économique, certains experts ont donc parlé de "capital naturel", qui devrait compléter d'autres formes de capital.

La théorie économique classique prévoyait trois facteurs de production :

  • la terre,
  • le travail,
  • le capital.

D'un point de vue de l'histoire de la pensée économique, il semble que l'omission des aspects environnementaux s'est produite vers le milieu du XIXe siècle, lorsque les économistes ont laissé de côté le facteur de production « terre et sous-sol ».

En effet, dans la théorie économique néoclassique, le capital peut être accru par l'investissement. Or, la terre est alors considérée comme immuable, l'action de l'homme sur l'environnement négligeable et les contraintes d'approvisionnement de matières premières étaient alors ignorées. Le capital naturel est aujourd'hui une composante du capital dans la théorie néoclassique.

Toutefois, cette expression de capital naturel dénature la conception initiale de facteur de production des économistes classiques.


Prise en compte de la nécessité de soutenabilité[modifier]

Voir Développement soutenable

Fichier:Population curve.svg
Ce graphique montre l'évolution de la population sur Terre entre 10,000 av. J.-C. et 2000 et illustre sa croissance exponentielle

Nouveaux concepts environnementaux[modifier]

Sous d'autres termes, les préoccupations environnementales, qui étaient représentées par le facteur de production terre et sous-sol, est en train de revenir depuis les années 1970 dans les débats d'experts :

  • L'empreinte écologique est plutôt un concept macroéconomique, susceptible d'être intégré dans les agrégats économiques (PIB...).
  • L'éco-efficacité est quant à elle un concept microéconomique, qui peut se traduire dans la conception des produits industriels par des analyses de cycle de vie multidimensionnelles, utilisant un ensemble de critères.
  • Le facteur 10, qui correspond à la possibilité de créer des produits et services qui ont une intensité de consommation de ressource naturelle très inférieure aux méthodes conventionnelles. Il a été créé sur une initiative de l'institut allemand de Wuppertal.
  • Le MIPS, Material Intensity per Service Unit, concept d'écologie industrielle.


Réduction de l'émission de gaz à effet de serre[modifier]

La prise en compte des questions environnementales du point de vue de l'émission des gaz à effet de serre est prévue dans le Protocole de Kyoto. Des quotas d'émission de gaz à effet de serre sont inscrits dans le protocole, mais ne sont pas respectés par tous les pays.

Cependant, on se heurte à deux écueils principaux :

  • les gaz à effet de serre ne représentent qu'une partie du pilier environnemental, soit quelques indicateurs de développement soutenable dans le GRI,
  • ces quotas ne prennent pas en compte le pilier social,
  • ils prennent en compte la dimension économique avec un croisement incomplet avec le pilier environnemental.

Il est donc difficile de généraliser cet outil à tous les aspects de la vie économique, d'autant plus que les services sont aujourd'hui majoritaires dans les économies contemporaines.

Création d'indicateurs[modifier]

La prise en compte des trois piliers du développement soutenable se fait à travers différents indicateurs de gestion :

  • la norme ISO 14000 pour l'environnement,
  • le standard SA 8000 pour les fournisseurs,
  • la spécification OHSAS 18001 pour l'hygiène, la santé, et la sécurité au travail.

Les entreprises emploient également des batteries d'indicateurs s'inspirant du Global Reporting Initiative (GRI) du Global Compact, qui regroupe les trois piliers et la gouvernance.

Modèle Pression-État-Réponse[modifier]

Il existe également le modèle PER de l'OCDE, qui a l'avantage, pour chaque Indicateur environnemental, de distinguer la Pression, l'État, et la Réponse.


Notes et références[modifier]

  1. Halte à la croissance ?, sous-titré Rapport sur les limites de la croissance, est un rapport demandé à une équipe du Massachusetts Institute of Technology (MIT) par le Club de Rome en 1970.

Voir aussi[modifier]

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Le développement durable, des enjeux stratégiques pour l'entreprise, Geneviève Férone, Charles-Henri d'Arcimoles, Pascal Bello, Najib Sassenou, éditions d'Organisation. Février 2002.
  • Guide du territoire durable, l'Agenda territorial pour les collectivités locales et leurs partenaires, Jean-Marc Lorach, Étienne de Quatrebarbes, Village mondial, 2002.
  • La génération future a-t-elle un avenir ? Christian de Perthuis. Belin. 2003.
  • Atlas mondial du développement durable

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