Antipuceron

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Les pucerons sont de petits insectes mesurant généralement entre 1 et 4 mm. Ils peuvent être verts, roses, rouges, noirs, bruns, bleus, jaunes ou bien encore bleuâtres. Ils vivent en colonies très importantes sur les pousses tendres, les feuilles, parfois sur les fleurs, les rameaux, les branches et les racines. Ils peuvent effectuer leur cycle de développement sur un seul hôte végétal, comme le puceron laineux du hêtre, ou sur un hôte végétal primaire et un ou plusieurs hôtes secondaires.

Les dégâts des pucerons peuvent être importants, car ils prélèvent des quantités importantes de sève et provoquent souvent la déformation des plantes attaquées. C'est le cas du puceron cendré du pommier (Disaphis plantaginae) qui, par ses nombreuses piqures, provoque l'enroulement puis le jaunissement des feuilles et la déformation des pousses.

Techniques[modifier]

Il existe plusieurs formes d'antipucerons naturels et très efficaces.

Les insectes auxiliaires[modifier]

Coccinelle devant une branche bien appétissante

Fichier:Lady-beetle-larva.jpg

Brigade mobile antipuceron ou abri à perce-oreilles

Fichier:Ant-aphids.jpg Plusieurs insectes auxiliaires adorent se nourrir de ces insectes et leur font une chasse redoutable. Les larves de coccinelles et de syrphes en font toute une consommation, il convient donc de les inviter à venir prendre quelques repas dans votre jardin (on peut en acheter ou utiliser des techniques pour les attirer). Il est important d'insister sur le fait que ce sont les larves et non adultes que nous connaissons. Un peu comme un papillon est lié à une chenille mais lui ne mange pas les feuilles... Les coccinelles adultes ne mangent pas les pucerons mais leur descendance le fera.

Les coccinelles[modifier]

Véritables ogres à pucerons, les larves de coccinelles sont capables de dévorer jusqu'à 150 pucerons par jour. De toutes les espèces de coccinelles (chacune a son type de régime alimentaire), ce sont les coccinelles aphidiphages, qui se nourrissent de pucerons, parmi lesquelles se trouvent les plus connues comme la coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata), mais aussi les plus colorées.

On trouve les larves de coccinelle, vendues pour la lutte biologique dans tous les magasins spécialisés en jardinerie, ou en vente par correspondance. Il faut compter entre 20 à 50 larves par m² de végétation ou entre 5 et 10 adultes par rosier.

Pendant la mauvaise saison, les coccinelles se réfugient sous les feuilles mortes et sous le feuillage des plantes comme les fougères ou le thym. Évitons donc de faire le ménage dans notre jardin avant le mois de mars.

Au printemps, lorsque les pucerons se font encore rares dans le jardin, les coccinelles se nourrissent de pollen. Il est important de conserver des plantes à fleurs comme les pâquerettes et les pissenlits. La culture de fèves laissées en place, après la récolte va permettre la colonisation préférentielle par les pucerons. La multiplication des pucerons source de nourriture pour leurs prédateurs va permettre la présence nombreuse de ces derniers dans tout l'espace du jardin.

Tandis qu’à la fin de l’été, les coccinelles se nourrissent essentiellement de pollen et de nectar. Installez des plantes sauvages dans votre jardin comme la tanaisie et la grande berce. NB : la grande berce est très allergisante Les fleurs de saule et de noisetier sont riches aussi en pollen.

Il faut savoir aussi que les fleurs sauvages ainsi que les haies naturelles sont des refuges pour beaucoup d’autres insectes utiles. Par exemple, les syrphes sont attirés par les fleurs d’aubépines et leurs larves sont consommatrices de pucerons.

Le perce-oreille (Forficula auricularia)[modifier]

Le perce-oreille est considéré comme ravageur à tort car il a l'habitude de se loger dans les fruits éclatés ou ouverts (noyau de pêche), mais c'est un auxiliaire nocturne. Dans le cas de la lutte contre les pucerons, c'est un excellent auxiliaire.

Pour les inciter à nous aider, on peut construire des abris pour perce-oreilles (Heinz Erven les appelle sa brigade mobile dans son livre Mon Paradis). Ceux-ci chassent la nuit et apprécient d'avoir un endroit tranquille pour se reposer la journée. Il suffit pour cela d'un petit pot en terre, de 70 cm de fil de fer assez épais et d'un peu de paille :

  • Faire quelques boucles de 5 cm de diamètre à un bout du fil de fer.
  • Passer le fil de fer à travers le pot par le bout non bouclé.
  • Remplir le pot de paille et tirer sur le fil (les boucles font tenir la paille).
  • Accrocher à une branche d'un arbre attaqué (attention à ce que le pot ne balance pas trop, il risquerait de se casser au premier coup de vent).
  • Introduire quelques perce-oreilles ou les laisser trouver l'endroit.

- Autre technique : disposer sur le haut de bambous fins (hauteur à partir de 50 cm) des sections de bambou retournées. Les forficules vont s'y abriter spontanément et les femelles y élever leurs jeunes avec beaucoup de soins.

Les Ichmeunons[modifier]

sont des hyménoptères dont les larves sont parasites de bien des insectes, soit à l'état de larves (vers dans le bois ou de chenilles). Chaque espèce d'Ichmeunon attachée à une deux espèces d'insectes.

les Chrysopes[modifier]

Fins insectes aux ailes diaphanes, sont d'efficaces chasseurs de pucerons. La ponte, masse de forme ovoïde est disposée à l’extrémité d'un filament dressé.

les syrphes[modifier]

prédateurs des pucerons, ressemblent à de grosses mouches à l’abdomen présentant les rayures des guêpes ou frelons. Ce mimétisme les protège des oiseaux.

L'abri en bambou cité plus haut en abrite assez fréquement. article à venir : Abri pour hivernage des auxiliaires

Les répulsifs[modifier]

Des pièges à phéromones sont également utilisés pour piéger les pucerons.

Le purin d'ortie peut aussi être utilisé en répulsif : pour cela il convient de le diluer (20 % de purin - 80 % d'eau) et d'en pulvériser les plantes.

De multiples recettes naturelles et efficaces existent également, parmi lesquelles on peut citer :

  • Pulvérisation d'eau additionnée de savon de Marseille (quelques copeaux pour un litre d'eau).
  • Pulvérisation d'eau additionnée d'huile (à secouer avant application afin de former une émulsion).
  • Pulvérisation de décoctions de tabac (5 g de tabac par litre, attention plus concentré c'est un désherbant), de feuilles de rhubarbe, de feuilles de tomate.
  • Des peaux de bananes (éventuelement découpées en lannières) accrochées aux plantes infestées (rosier) repoussent les pucerons en quelques jours.

Les associations de plantes[modifier]

Les associations de plantes permettent également de lutter contre les pucerons ou de les maîtriser : les capucines attirent les pucerons qui attaquent alors moins les autres plantes, des carottes plantées à côté des tomates éloigneront les pucerons de ces dernières... La menthe fait fuir les fourmis éleveuses de pucerons. Efficace (potager, rosier) et parfumé.

Fourmis et pucerons[modifier]

Les fourmis et les pucerons se sont bien adaptés et s'entraident. Ils ont un peu développé la relation que nous avons avec les vaches ou autres producteurs de lait. Les pucerons éjectent doucement le miellat lorsque les fourmis leur en demandent, au lieu de le projeter au loin, comme quand elles ne sont pas là. Les fourmis rendent bien leur politesse aux pucerons : elles ne les tuent pas et ne les mangent pas (ceci n'est pas toujours vrai). Elles les protègent de leurs ennemis, et les transportent à l'abri lorsqu'ils sont trop en danger.

Sans les fourmis, les pucerons sont donc plus vulnérables aux prédateurs (coccinelles...). En badigeonnant avec de la glu (qui peut être fabriqué à base de gui) un cercle de quelques centimètres de large autour des arbres et arbustes vulnérables, on empêche les fourmis d'aller rejoindre les pucerons. Si vous voulez plus d'informations pour lutter contre les fourmis, consultez l'article Antifourmis.

écosystème : pucerons fourmis prédateurs[modifier]

Les pucerons protégés d'un grand nombre de larves prédatrices par les fourmis vont propager des viroses nuisibles au développement de la plante, en sus de la grande ponction sur la sève élaborée. La croissance des arbres fruitiers peut être totalement compromise. Les techniques mécaniques de protection par barrage de glu sont très efficaces mais gênent aussi quelques prédateurs de pucerons qui ont besoin de migrer dans le sol pour y assurer leur nymphose. Il est donc essentiel de permettre l'existence d'autres supports à la présence de pucerons pour maintenir la présence de tels prédateurs. Quelques objections ont été formulées sur une possible action négative de la glu sur les écorces des fruitiers. Il existe des dispositifs qui permettent d'éviter de poser la glu sur l'écorce, mais il sont en plastique, grand pollueur de nos espaces !

Divers[modifier]

II faut savoir que les pucerons sont des insectes fragiles et qu'un simple arrosage au jet élimine un bon nombre de sujets.

Voir aussi[modifier]

Articles connexes[modifier]


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