Enterrement

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Enterrement et environnement[modifier]

L’enterrement est une pratique très ancienne. Cependant, les préoccupations environnementales n'ont commencé à surgir qu'au milieu du 20e siècle lorsqu’on a réalisé que les cimetières pouvaient présenter un risque réel de contamination des eaux souterraines. Les principaux contaminants concernés sont les nitrates/nitrites provenant des composés azotés présents dans le corps humain, les microorganismes pathogènes ainsi que le formaldéhyde issu du processus d’embaumement. Les effets sur la santé démontrés en laboratoire de l’ingestion de formaldéhyde incluent entre autres les tumeurs (cancéreuses ou non) et la nécrose des tissus du système gastro-intestinal (Santé Canada, 2005).

Une des rares études disponibles provient du Ministère de l’Environnement de l’Ontario. Six cimetières y ont été sélectionnés afin d’y prélever des échantillons d’eau souterraine provenant de puits déjà existants. Les résultats des analyses ont détecté des concentrations de formaldéhyde entre 0.001 et 0.030 mg/L, donc bien au-dessous de la concentration pouvant poser un risque pour la santé, soit 0.25 mg/L. Cependant, l’étude de terrain était exploratoire et comportait plusieurs lacunes; des études plus approfondies seraient nécessaires pour s’assurer que les cimetières ne posent pas un risque réel de contamination des aquifères. Ces études devraient également prendre en compte les métaux et autres composés entrant dans la fabrication des cercueils (vernis, agents de conservation), ainsi que les pesticides et engrais utilisés pour l’entretien du cimetière.

La crémation n’est pas mieux que l’enterrement traditionnel car elle produit divers contaminants tels que Dioxine/furannes et BPC.

Méthodes alternatives[modifier]

Enterrement "vert"[modifier]

Cependant, un courant « d’enterrement vert » a récemment vu le jour. Les principes de base en sont simples : les pierres tombales sont inexistantes ou de petite taille et intégrées à même le sol, les cercueils sont faits de matière entièrement biodégradable, généralement du bois ou du carton épais, et les liquides d’embaumement non naturels ne sont pas permis. De plus, on ne retrouve pas de pelouse entretenue chimiquement, car l’espace est aménagé de la façon la plus naturelle possible. Lorsqu’un espace a atteint sa pleine capacité, il est transformé en réserve naturelle ou en parc urbain, où la flore, la faune et la population environnante peuvent cohabiter. Au Québec, il y a déjà au moins une entreprise qui fabrique des cercueils écologiques.

Compostage cryotechnologique[modifier]

Une autre alternative, soit le compostage cryotechnologique, a été développée par Susanne Wiigh-Masak, une biologiste suédoise spécialiste du compostage. Le procédé consiste à plonger le corps, et son cercueil en contreplaqué, dans de l’azote liquide à -196C. De cette façon, la dépouille est cristallisée. Une simple vibration suffit à la réduire en miettes. Ensuite, l’eau et les matières toxiques sont extraites, ne laissant que quelques kilos de poudre tout à fait écologique pouvant être conservée dans une urne ou enterrée, préférablement dans un cercueil biodégradable. Il est également possible d’utiliser cette poudre comme fertilisant, par exemple pour faire grandir un arbre qui aura une valeur symbolique. Jusqu’à présent, le procédé a été mis à l’essai uniquement sur des porcs, mais un centre d’essais devrait être construit sous peu (2007) à Stockholm.

Voir aussi[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Adam, D. (2004). What is a green burial? Guardian Unlimited, 8 juillet 2004.
  • Gendron, L. (2005). Obsèques : Et si on se recyclait… L’Actualité, janvier 2005, p. 10.

Liens externes[modifier]