Comment recréer un périmètre de souveraineté alimentaire

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« La souveraineté alimentaire peut se définir comme le droit de pouvoir accéder à une nourriture suffisante, nutritive et adaptée à ses exigences sanitaires, culturelles, sans se trouver en situation de dépendance. Les politiques agricoles et de pêche actuelles découragent la production vivrière familiale et produisent pauvreté, exode rural, chômage et dépendance alimentaire. Aujourd’hui, près de 1 milliard 20 millions de personnes n’ont pas suffisamment de quoi se nourrir, dont 70 % sont des paysans ! » CCFD-Terre Solidaire

Définie pour la première fois en 1996 par Via Campesina, la souveraineté alimentaire est un droit international qui laisse la possibilité aux pays de mettre en place les politiques agricoles les mieux adaptées à leurs populations sans impact négatif sur les populations d'autres pays. Elle accorde une importance aux conditions sociales et environnementales de production des aliments et prône un accès plus équitable à la terre pour les paysans.

Localement, la souveraineté alimentaire favorise le maintien d'une agriculture de proximité destinée en priorité à alimenter les marchés régionaux et nationaux. Les cultures vivrières et l'agriculture familiale de petite échelle doivent être favorisées, du fait de leur plus grande efficacité économique, sociale et environnementale.

Recréer un périmètre de souveraineté alimentaire revient à nourrir sa population avec des aliments en quantité suffisante, d’une qualité sanitaire et nutritionnelle remarquables, produits localement avec l’énergie locale et apportant à l’agriculteur un revenu juste et une position sociale reconnue.

La question de la souveraineté alimentaire est déjà cruciale dans bon nombre de pays qui n’ont pas la capacité de se nourrir par eux-mêmes, ou l’ont perdue à cause de la destructuration de leur agriculture imposée par le marché ou les pays colonisateurs (l’Inde par l’Empire britannique, bon nombre de pays africains par la France…).

La raréfaction du pétrole, la stérilisation systématique des terres fertiles et la destructuration des filières locales risque de la faire devenir non moins primordiale pour la France et les pays occidentaux d’ici quelques années.

Un exemple de non-souveraineté : l'Île-de-France[modifier]

Si elle n’est plus approvisionnée par camions, l’Île de France ne dispose que de quelques jours d’autonomie alimentaire.

Dans sa production, l’Île de France est autonome à 26% pour les pommes de terre, 0,5% pour la viande, 10% pour les légumes frais, 1,5% pour les fruits (à l’exception des pommes 5,5%), 1% pour le lait, 12% pour les œufs. En revanche elle est autonome à 159 % pour le blé et 117% pour le sucre.

L’autonomie globale de la France pour les légumes frais et les fruits n’est que de 91% et 59% (à l’exception des pommes 166%).[1]

Pourquoi recréer un périmètre de souveraineté alimentaire[modifier]

  • Pour une autonomie alimentaire retrouvée,
  • Pour encourager une éducation collective relative aux produits, au goût, à la qualité de vie, à l’économie et à l’autonomie…
  • Pour faire du territoire un lieu d’échange et ainsi créer des ponts entre les villes et les campagnes d’un même territoire,
  • Pour re-territorialiser l’agriculture et favoriser une agriculture vivrière adaptée aux sols des régions,
  • Pour re-localiser l’économie du territoire et encourager l’emploi en zone rurale dans les régions,
  • Pour disposer de produits frais et de qualité,
  • Pour la planète car l’approvisionnement local permet de ne pas recourir de façon excessive aux transports.

Mise en pratique[modifier]

Pour les particuliers[modifier]

  • Consommer localement et de saison pour favoriser le développement de circuit-courts dans nos régions.
  • Interpeller et mobiliser les élus, les entreprises, les citoyens…
  • Créer des AMAP, Jardins de Cocagne, jardins partagés, marchés de producteurs, faire alimenter la cantine centrale par des producteurs bio et locaux…

Pour les décisionnaires, les élus[modifier]

Construire une écorégion[modifier]

Le fondement de base et le moteur d’une démarche écorégionale, c’est la restauration de la souveraineté alimentaire, un droit citoyen fondamental, à l’échelle d’un périmètre régional.

Relocaliser[modifier]

Face aux nombreuses menaces actuelles ou futures, la relocalisation écorégionale des moyens de production, de transformation, de distribution et de consommation est à la fois une nécessité et une évidence.

Être solidaire[modifier]

Cette démarche n’est pas un repli xénophobe ou autarcique, simplement un besoin d’autonomie et de maîtrise des flux entrants et sortants sur ces ressources vitales. D’ailleurs la démarche écorégionale s’appuie sur un maillage à plusieurs niveaux de territoire, ce qui crée des liens entre écorégions proches (comme des pièces de puzzle imbriquées), chaque région n’ayant pas un terroir pour être autosuffisant sur tous les produits. C’est en particulier le cas des grandes villes comme l’agglomération parisienne, qui a besoin des régions alentour pour assurer son alimentation.

Voir aussi[modifier]

Liens internes[modifier]

Liens externes[modifier]

Références[modifier]

  1. "Terres d'avenir : Pour un mode de vie durable", de Philippe Desbrosses, Emmanuel Bailly, Thanh Nghiem. Editions Alphée, avril 2007.


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